BANDES DESSINEES - BD - 12.12.21

  • LOT N°515

    Jijé :

    Adjudication : 8500 €
    Overijse et Fin de moisson, huiles sur toile réalisées recto-verso durant l'été 1945.
    Après avoir vécu huit années à Dinant (1937–1945) et produit plus de 800 planches et illustrations pour le journal de Spirou durant la guerre, l'artiste souhaite se rapprocher de Bruxelles où il espère vivre de sa peinture en exposant dans les galeries d’art de la capitale. Il s’installe, en avril 1945, à Overijse au cœur du "Druivenstreek" ("la région du raisin").
    Ce changement de résidence s’accompagne d’un défi artistique qui se traduit dans sa peinture prenant alors un nouvel aspect. Suivant ainsi ce qui a été initié par l’école de Barbizon et transcendé par les impressionnistes, Gillain a définitivement porté son choix sur la peinture en plein air. Ne lésinant pas sur les tubes de couleurs, il adopte une technique au couteau lui permettant une rapidité et une spontanéité d’exécution qui joue sur les contrastes et l’épaisseur des couches et laisse de côté les détails ou les contours. Flanqué devant son chevalet, l’artiste vit sa peinture avec fougue et détermination. La frénésie du geste et de la touche révèle son caractère direct et spontané, ponctués par une lumière généreuse et intense. Ces séances de peinture lui permettent de libérer une énergie explosive qu’il ne peut pas toujours traduire dans son dessin, car, sur un format plus réduit, celui-ci requiert davantage de concentration et de précision.
    Sur une face de la toile on découvre une "Vue d’Overijse" avec un lumineux champ de blé à l’avant-plan, l’alignement d’une trentaine de serres au second plan, et quelques maisons et l’église du village à l’arrière-plan. Gillain nous offre le spectacle de ce qu’il pouvait admirer non loin de sa villa de la Vriendschapstraat (rue de l’Amitié). Signée Gil.
    Sur l’autre face, l’artiste propose une "Fin de moisson" jouant sur les contrastes entre les jaunes ocres et le bleu pétrole. Les reliefs de touches au couteau laissent à la fois deviner l’enthousiasme du peintre devant son chevalet et la passion qu’il porte à son art. Tout autant son admiration pour l’œuvre de Vincent Van Gogh, dont il rend ici un hommage extraordinaire. Signée Gil. Dimensions : 60 x 50.
    Les deux œuvres sont reproduites en pages 154 et 160 de Joseph Gillain, une vie de bohème (Musée Jijé, 2020).